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2006 Interview @Hard Rock Café - Paris

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En marge de son concert en France en 2006, la vielle du concert, une conférence de presse suivie d'une séance de dédicace a eu lieu au Hard Rock Café (Paris). Arai Akino très souriante dans toute sa simplicité s'est installée sous les applaudissements des quelques chanceux qui ont eu la chance d'assister à la conférence. De nombreuses questions intéressantes ont été posées.

Pour vos fans européens vous incarnez le rêve, êtes-vous surprise ou bien cela vous correspond-il vraiment ?

 

Akino Arai : Bonjour. Je ne savais absolument pas que je renvoyais cette image.

Je savais qu'il y aurait des personnes ici, mais pas que vous seriez aussi nombreux et j'en suis très contente.

 

Vous avez chanté plus d'une chanson en français, on en déduit que vous avez un amour particulier pour la France, pouvez-vous nous en dire plus ?

 

Akino Arai : Étant petite, j'ai découvert la musique française par un compositeur de variétés, Danièle Vidal, dans les années 70. Par la suite, je me suis beaucoup intéressée à l'art, au cinéma et à la musique française, j'en ai pris l'habitude et j'ai apprécié de plus en plus cela.

 

Au sujet de la "French Pop", lors d'une autre interview, vous avez dit connaître Serge Gainsbourg. Expliquez-nous comment vous l'avez découvert et ce qui vous plaisait dans ses musiques plus que d'autres.

 

Akino Arai : Je n'ai pas découvert Gainsbourg directement, j'ai d'abord écouté des chansons qu'il avait composées pour France Gall, Jane Birkin et sa fille Charlotte. Comme j'avais apprécié leurs chansons, je me suis intéressée par la suite à ses chansons à lui.

 

Vous avez collaboré avec de nombreux artistes au début de votre carrière, qu'est-ce qui vous a poussé à faire une carrière solo ?

 

Akino Arai : Mes débuts… C'était il y a 20 ans, mais, à ce moment-là, je me défilais et je n'aimais pas chanter devant les gens. J'ai donc décidé de travailler dans l'ombre et composer pour des artistes qui aimaient se produire sur scène. Après plusieurs années, je me suis rendu compte que des fans me suivaient depuis le début, lorsque moi je chantais. Je me suis alors demandé si je devais continuer à chanter et mes producteurs m'ont dit que j'avais beaucoup de fans qui leur demandaient sans cesse que je reprenne ma carrière en tant que chanteuse. C'est pour ça que j'ai décidé de continuer à chanter.

 

Pourquoi avez-vous décidé de vous produire à l'extérieur du Japon, à Berlin en Allemagne et à Paris en France ?

 

Akino Arai : C'est Julien (NDLR: Julien Mombert) qui a organisé ces concerts pour moi.

Avec le recul, pouvez-vous nous parler de votre collaboration avec Yoko Kanno ?

 

Akino Arai : Yoko Kanno est une personne qui compose pour l'animation, elle compose beaucoup de musiques. Mais au milieu de tout ça, lorsqu'elle a entendu la façon dont sortait ma voix, elle a pensé qu'elle collerait bien avec ses musiques et elle a alors voulu que nous fassions des essais pour voir réellement ce que ça donnait.

 

Gardez-vous encore contact avec Yoko Kanno et Hajime Mizoguchi ?

 

Akino Arai : En fait, nous n'avons pas réellement gardé de contact. Mais il arrive de temps en temps que nous nous croisions en studio d'enregistrement alors que nous travaillons chacun sur des projets différents.

 

Comment vous sentez-vous en pensant au concert de demain ?

 

Akino Arai : Pour le moment je suis sereine, je ne sais pas. Mais demain je pense que j'aurais plus de pression et j'aurais le trac. En fait, depuis toute petite, je ne pensais pas venir en France. Et rien que de penser à chanter mes chansons ici, à Paris, on dirait vraiment un rêve. Oui, j'ai été très étonnée que je puisse venir chanter ici.

 

Comment vous-y prenez-vous pour composer pour des animes ? Avez-vous des images, le scénario, le storyboard ?

 

Akino Arai : En général, j'essaie de rencontrer le réalisateur et je lui demande en priorité quel est le message qui va ressortir de cet anime, puis les détails sur les personnages et les lieux où se déroulent l'action. À partir de ça, j'essaie de trouver une mélodie et des paroles qui vont correspondre à tout ça. Mais le principal est vraiment ce qui va ressortir de l'anime, les émotions.

 

Au sujet de vos compositions personnelles, dites-nous si vous arrivez à composer facilement, et quels sont vos thèmes d'inspiration ?

 

Akino Arai : Mes chansons partent d'abord d'un sentiment que je peux ressentir, comme un paysage magnifique ou bien une discussion entre amis qui me touche profondément. Ensuite, des images me viennent puis une mélodie. J'associe à cela des paroles qui retranscrivent ces images qui me parviennent.

 

Dans quelle chanson pour anime que vous avez interprété vous retrouvez-vous le plus ?

 

Akino Arai : En fait mes préférences changent d'une chanson à une autre, mais pour maintenant, celle qui me correspondrait le plus est Kakusei toshi de l'anime Tokyo Underground.

 

Depuis plusieurs années maintenant se forme une communauté d'amateurs de J-pop en France. Avec votre concert et la sortie de votre album Sora no uta, vous êtes la première artiste labellisée J-pop en France. Comment expliquez-vous l'engouement du public français pour votre musique et en général la J-pop ? Que pensez-vous que les artistes japonais peuvent apporter à la musique en France ?

 

Akino Arai : Tout d'abord, je tiens à vous remercier de vous intéresser à ma musique, je ne pensais pas qu'elle arriverait jusqu'ici. En ce qui concerne ma musique, les fans ont pu la découvrir par l'intermédiaire des animes. Par la suite, ces personnes se sont intéressées à la musique que je compose pour moi-même, mais je sais quand même que ces gens m'ont connu par la popularité qu'ont les dessins animés japonais en France et les génériques que j'ai composés. C'est ce qui m'a permis d'être connue en France et en Europe.

 

Vous aviez sorti un album en édition limitée VH music pour vos fans japonais. Nous aimerions savoir si VH music, avec le nom de votre site internet Viridian House avait une signification particulière pour vous. Pourriez-vous nous l'expliquer ?

 

Akino Arai : Au départ, Viridian House était le nom d'une émission de radio que j'ai animé pendant plus d'un an, il y a 6 ou 7 ans. Mais c'est aussi le nom d'une maison entourée de verdure, une maison ouverte sur l'extérieur qui invite tout le monde à venir s'amuser et jouer, c'est un endroit convivial où l'on est invité à venir se détendre ou s'amuser. J'ai nommé mon site comme cela pour donner ce sentiment. Le CD regroupe les musiques de mon émission et retrouve ce même esprit.

 

Pouvez-vous nous dire si vous comptez éventuellement ressortir cet album pour vos fans européens ?

 

Akino Arai : En fait, je suis actuellement en discussion avec ma maison de production pour savoir si nous pourrions rééditer cet album, mais cette fois-ci en Europe.

 

Vous avez exploré beaucoup de genres musicaux : le rock, le symphonique, la pop. Avez-vous un genre musical que vous affectionnez particulièrement ?

 

Akino Arai : Je n'ai pas vraiment de genre de musique défini, ça dépend surtout du morceau que j'imagine. À partir de là, je tente de poser un style musical qui pourrait parfaitement convenir. Ma tendance actuelle serait plus électronique, même si j'aime aussi le rock parce qu'il a une âme qui me plaît. Sinon je n'ai pas vraiment de genre préféré.

 

Est-ce que toutes les chansons et génériques d'animes sont des compositions originales pour la série en question, ou bien vous est-il déjà arrivé de puiser dans votre répertoire existant pour illustrer musicalement une série ?

 

Akino Arai : Comme je le disais précédemment, je vois surtout directement avec le producteur de l'anime et à partir de là je crée mon propre morceau pour l'anime. Mais il n'y a que pour l'anime Windaria qu'on a utilisé une de mes chansons personnelles.

 

Pour composer vos chansons, comme Kiniro no me ou WANNA BE AN ANGEL, vous êtes-vous fait aider ou bien parlez-vous vous-même un peu le français ?

 

Akino Arai : (à l'audience) : Je ne parle pas français. Gomen nasai.

 

En fait, je ne parle pas du tout le français, mais depuis que je suis toute petite, j'arrive parfaitement à déchiffrer le français et je sais en général le prononcer. Par contre, je ne sais pas du tout ce que ça veut dire.

 

En ce qui concerne la chanson Utsukushii hoshi, pouvez-vous nous expliquer pourquoi vous l'avez reprise dans votre dernier album dans une nouvelle version ?

 

Akino Arai : Pour diverses raisons, j'avais sorti dans un précédent album Utsukushii hoshi d'une manière qui ne me convenait pas. Beaucoup de gens ont aimé cette chanson, malgré que ce ne soit pas la version que je voulais leur faire entendre. Ils me demandaient de la chanter alors qu'elle ne me plaisait pas, alors maintenant que je peux faire ma musique plus librement, je peux enfin leur proposer la chanson que je voulais leur faire entendre à la base.

 

Avez-vous été influencé par le rock des années 70 pour vos compositions, comme les Pink Floyd par exemple ?

 

Akino Arai : Effectivement, j'ai beaucoup été influencée, par les Pink Floyd et d'autres. Par exemple, la première fois que j'ai écouté ce style de musique, ça a été une grande découverte pour moi et même un choc à un tel point que j'étais dans ma chambre et que, tout d'un coup, je n'ai plus pu bouger, c'était une sorte de révélation.

 

Vous revenez de Berlin, vous venez de chanter devant un public allemand, européen, ce qui est peut-être une première. Les Français sont réputés plus chauds que les Allemands, mais quel est votre ressenti sur ce concert ?

 

Akino Arai : Durant le concert d'hier soir, les réactions du public allemand m'ont paru très proches du public japonais : ils écoutaient calmement, et ne m'ont pas étonnés ou surpris. Il y avait beaucoup de monde, ils souriaient, ils étaient heureux, je pense. En ce qui concerne les Français, cela ne me gêne pas que le public se lève, applaudisse ou regarde calmement, ce qui compte c'est que chacun perçoive la musique à sa façon.

 

Comment avez-vous été introduits dans la maison de disque Victor Entertainment, comment avez-vous été découverte ?

 

Akino Arai : C'était il y a très longtemps, c'est un ami de chez Victor Entertainment qui a fait écouter ma cassette de démo au patron de Victor. Cette cassette lui a tout de suite plu qui m'a finalement embauché pour avoir le succès que j'ai maintenant.

 

Vous aviez comme rêve de vivre de vos chansons et de votre musique. Maintenant, après vos 20 ans de carrière, je suppose que vous l'avez réalisé, mais maintenant avec la découverte de vos fans à l'international et suite à vos concerts en Europe, est-ce que cela va influencer vos futures compositions ?

 

Akino Arai : Quand j'étais petite, je ne pensais pas du tout vivre de ma musique et devenir chanteuse. Ce n'était pas mon rêve ni mon but dans la vie. Je ne faisais pas uniquement du chant, je dessinais aussi, je faisais aussi plein d'autres choses. Je n'avais pas encore pensé à ce que je voulais faire plus tard comme travail. Plus tard, ce qui m'est resté, c'était vraiment chanter et composer, malgré que ce ne soit pas sur quoi je me focalisais au départ.

 

En ce qui concerne l'influence de ma venue en Europe, en fait j'ai énormément de choses qui m'influencent. Je pense que cette expérience va encore élargir mon univers, comme toute expérience. Cela va m'influencer, mais ce ne sera qu'une partie, je ne pense pas que c'est cela qui va me donner une impulsion majeure. Mais il est possible que ce soit le point de départ à mon envie créative qui me fait démarrer une composition.

 

Vous nous avez a fait part de votre volonté à faire un nouvel album original en 2006, pouvez-vous nous dire si vous connaissez déjà le thème principal de cet album ou bien si vous avez déjà des chansons terminées ?

 

Akino Arai : Je suis surtout influencée par ce qui m'entoure pour créer des musiques, comme je vous le disais plus tôt, mais comme pour l'instant aucune image ou sensation ne m'est parvenue, je ne sais pas encore quel genre donner à mon album, je le saurais certainement au fur et à mesure que le temps avancera. Mon but est de toujours aller vers l'avant quand je compose un album. Donc, cet album pourra peut-être me mener vers un nouveau style musical, mais ce n'est qu'une hypothèse parce que tout reste encore à faire.

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