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2013 interview in Paris

Quel plaisir de retrouver Akino Arai sur nos terres. Après une rencontre courte et furtive en 2006, nous avons eu l’occasion de plus nous voir lors de son passage en 2009 et nous avons ainsi pu sympathiser et par la suite échanger de nombreux mail.

 

Cette fois ci nous nous revoyons en ami lors de son séjour Parisiens de 2013. Jamais je n’avais imaginé un jour diner avec Akino Arai, se promener dans la ville et discuter de nombreux sujets (dans nos Anglais par forcément fameux) Mais nous avons pris un temps, dans un restaurant pour réaliser une interview formelle. Je remercie du fond du cœur Akino pour ce très bon moment passé en sa compagnie, c’est vraiment un être charmant et adorable, qui déborde de gentillesse, de bonté et d’humilité…

 

Voici donc l’interview d’Akino Arai que j’ai réalisé dans une ambiance agréable et détendue sur le ton de la conversation. Par souci de lecture j’ai fluidifié l’entretien afin de vous épargner les moments hors sujet d’explicitations (son Anglais est aussi bon que le miens, c’est dire) et les moments où elle me disait « oh no, do not write this » en rigolant ! Bonne lecture.

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Olivier Van : Bonjour Akino, je suis ravi de vous revoir en France ! Vous nous avez dit que vous reviendrez… Promesse tenue !

 

Akino Arai : Bonjour, je suis également ravie de revenir en France, c’est une ville magique pour moi, elle me rappelle plein de souvenirs.

 

Olivier Van : Quel est votre premier souvenir avec Paris ?

 

Akino Arai : C’est un souvenir amusant. C’était en 1992, la première fois que je suis venue à Paris. J’étais très excité de visiter enfin Paris et le train fut arrêté à cause d’une manifestation d’étudiants ! Au Japon c’est impossible qu’une telle chose arrive. Vous savez, la ligne Yamanote passe toutes les 2 minutes à toutes les stations ! (Rires)

 

Olivier Van : Ah je reconnais bien la France et les Français dans cette anecdote ! Donc vous êtes de retour pour deux concerts à Paris et un concert à Monaco.

 

Akino Arai : Oui c’est une chance immense de pouvoir chanter hors du Japon. Je vous remercie de m’avoir invité une nouvelle fois. De plus je ne suis jamais allez à Monaco ! C’est une bonne occasion.

 

Olivier Van : Parlez-nous de ces concerts, en quoi sont-ils différents des précédents ?

 

Akino Arai : Je suis venu comme ça. Naturellement... Cette fois ci j’ai décidé de jouer plus de piano et de faire un concert plus acoustique. Je serai sur scène avec mon violoniste Masahiko Todo, mais il faut l’appeler Ma-kum ! Il a beaucoup de talent et c’est quelqu’un de très drôle. J’ai beaucoup de plaisir à travailler avec lui. J’interpréterai quelques chansons de mes derniers albums, Blue Planet et Red Planet et peut être une chanson en Français.

 

Olivier Van : Justement, parlons un peu de vos nouveaux albums Blue Planet et Red Planet. Il s’agit d’un surprenant concept mêlant chansons de single, cover songs et nouvelles chansons. Expliquez-nous ce concept

 

Akino Arai : Ce n’est pas vraiment différent. Mais cette fois ci, à la place de sortir un best of réunissant des anciens titres et un nouvel album de chansons originales. J’ai mélangé les deux pour créer deux univers particuliers.

Red Planet c’est l’album de la lumière du jour avec des chansons pop énergiques et mélodieuses. Dans cet album j’ai voulu parler de l’amour, de la joie et de la tristesse. C’est un album sur le thème de l’émotion.

 

Dans Blue Planet j’ai voulu exprimer le monde de la nuit, le monde du rêve, un monde irréel et étrange. Dans cet album les chansons sont plus douces, plus posées.

 

Olivier Van : Dans ces albums on trouve des cover songs, comment les avez-vous choisi ?

 

Akino Arai : J’ai choisi les chansons que j’aime. J’ai voulu donner une nouvelle version juste au piano de Hana Kanmuri. C’est une mélodie très mignonne. Elle date de l'album Goddess in the Morning sorti il y a des années !

 

J’ai également enregistré Niji, écrite pour Aoi Teshima. C’est une chanson très difficile à chanter ! (rires) Je félicite Aoi pour avoir fait une aussi belle et émouvante interprétation de cette chanson.

 

Olivier Van : Vous avez également repris Galileo no Yoru écrite pour Hitomi Mieno.

 

Akino Arai : Ah oui, c’est une chanson importante pour moi. Elle parle d’un moment triste qui m’est arrivé avec mon frère quand nous étions petits. Elle parle de la théorie de l’héliocentrisme de Galilée. J’aime cette musique énergique. Elle me donne du courage.

 

Olivier Van : L’héliocentrisme… L’astronomie est un thème récurrent dans votre discographie ?

 

Akino Arai : Oui, l’astronomie est un thème important pour moi. Il est très présent dans mes chansons. C’est une passion qui allie le monde très réel de la science et un monde du rêve et de l’inconnu.

 

Olivier Van : Je pense à HAYABUSA, une de mes chansons préférées de votre album Blue Planet

 

Akino Arai : Merci ! J’aime beaucoup cette chanson également. Elle parle de la sonde spatiale HAYABUSA envoyée loin de l’espace pour se poser sur un astéroïde et prélever de la roche. Mais il s'est perdu pendant plusieurs années. J’ai imaginé dans cette chanson ce que le satellite a bien pu faire dans l’immensité de l’univers.

 

Olivier Van : Dans cet album vous avez collaboré avec l’auteur American Chris Mosdell pour le titre Our Children's Rain Song.

 

Akino Arai : C’est une chanson qui parle de l’accident nucléaire qui a eu lieu au Japon il y a presque trois ans. Le texte et très beau et j’ai voulu donner une composition forte et puissante. J’ai rencontré Chris Mosdell par l’intermédiaire de ma maison de disque qui souhaitait faire un album en hommage aux victimes. J’ai tout de suite aimé son oeuvre et j‘ai voulu travailler avec lui.

 

Cet incident m’a profondément marqué et j’ai écrit une chanson qui en parle Sophia ~Shiro no Wakusei. Elle parle de l’avenir de notre planète, blanche et sans vie, mais il y a toujours une lueur d’espoir !

 

Olivier Van : Vous avez aussi collaboré avec le producteur suédois Rasmus Faber sur le titre Haiiro no ame.

 

Akino Arai : J’ai également rencontré Rasmus Faber par l’intermédiaire de JVC. Nous avons travaillé sur des versions instrumentales de certaines de mes chansons pour un album. C’est un homme adorable et je me suis dit que nous devrions travailler ensemble ! C’est fait.

 

Olivier Van : Dernière collaboration, Yuji Oniki…

 

Akino Arai : Nous nous connaissons depuis très longtemps. Il y a quelques années il m’a écrit une petite chanson intitulée Happiness is here que j’avais l’habitude de chanter en fin de concert. J’ai enfin enregistré cette chanson pop et pleine de joie dans l’album Red Planet. Je la chanterai demain, vous voulez ? (rires)

 

Olivier Van : Parlez-nous de votre chanson intitulée Tyrell.

 

Akino Arai : « Tyrell » est le nom de la compagnie qui fabrique des androids dans le film « Blade Runner ». J’ai voulu écrire une musique que j’ai imaginée pour ce film.

« Blade Rurnner » est mon film de SF préféré, j’aime aussi « Saloaris » et surtout « Stalker » de Andreï Tarkovski. C’est des films culte de ma génération.

 

Olivier Van : Vous venez de sortir un nouveau single, Unknown Vision. Parlez-nous de ce titre.

 

Akino Arai : J’ai voulu faire une chanson à la fois poétique et irréelle mais aussi avec des aspects réels sur l’avenir économique du monde. Nous regardons l’avenir comme une vision trouble et blanche, une lueur mystérieuse difficile à décrire. J’ai voulu exprimer cela dans une chanson très électronique et étrange avec beaucoup de synthétiseurs et de violons.

 

Olivier Van : Allez-vous interpréter ce nouveau titre à Paris ?

 

Akino Arai : Hum… Je ne sais pas, c’est une chanson difficile à chanter et je ne l’ai jamais interprété en concert, mais ça sera peut-être la surprise !

 

Olivier Van : Mais j’y pense… Vous allez fêter vos 26 ans de carrière…

 

Akino Arai : Oui, 26 ans cette année ! Cela fait bien longtemps (rires). Je n’avais jamais pensé durer aussi longtemps !

 

Olivier Van : Reparlez-nous de vos débuts en 1985.

 

Akino Arai : Grâce à un ami, j’ai débuté un peu par hasard chez Victor music. A cette époque, je n’imaginais pas signer avec une major et sortir un premier album. Mais les choses ont suivi leur court, comme un destin.

 

Olivier Van : Mais les choses ne se sont pas passées comme vous l’espériez…

 

Akino Arai : Oui, rapidement je me suis rendu compte de la façon dont fonctionnaient les majors à l’époque. Pour ma toute première chanson, Utsukoshii hoshi je n’ai pas pu faire comme je le voulais. J’ai dû travailler avec un producteur avec lequel je ne partageais pas les mêmes idées. J’ai respecté mon contrat et après mon premier album j’ai rompu mon engagement pour pouvoir m’épanouir autrement.

 

Olivier Van : Comment vouliez-vous vous épanouir ?

 

Akino Arai : Dans les années 80, je voulais faire de la « new wav », mais le milieu des majors ne voulait pas produire ce genre de musique. J’ai donc travaillé avec des amis musiciens et beaucoup d’artiste très talentueux.

 

Olivier Van : Et vous avez rencontré Yoko Kanno…

 

Akino Arai : C’est encore le hasard. Nous nous sommes croisées dans un studio. C’est une histoire amusante.

 

J’enregistrais une chanson pour un ami et j’ai eu des difficultés et je fus en retard. Yoko Kanno qui devait utiliser le studio juste après moi est entrée discrètement et elle m’a écouté. J’ai vite fini l’enregistrement et Yoko m’a fait un signe de la main. Elle m’a dit aimer ma voix et moins d’une semaine plus tard elle m’a contacté pour enregistrer avec elle.

 

C’est une femme spontanée qui sait ce qu’elle veut (rires). Yoko Kanno m’a permis de faire un « Boom » dans ma carrière. C’est le « Akino Boom » ! (Rires). J’ai enregistré beaucoup de chansons avec elle et elle a accepté de produire mes propres compositions.

 

Olivier Van : Allez-vous travailler de nouveau ensemble ?

 

Akino Arai : Je ne sais pas. En tout cas ce n’est pas prévu pour le moment. C’est une femme très occupée, mais peut-être nous croiserons nous une nouvelle fois dans un studio ? (rires)

 

Olivier Van : Votre musique a beaucoup évolué avec le temps. Quelles sont vos inspirations ?

 

Akino Arai : J’espère qu’à travers ma musique les gens peuvent voyager et voir des choses uniques, un univers, un monde, un peu irréelle. Enfin j’espère.

Mes inspirations ? Un peu tout, la vie de tous les jours, mes voyages, mes rencontres. Parfois en dormant j’entends de la musique et quand je me réveille un début de composition est en moi.

 

 Olivier Van : Vous avez déclaré être une artiste "post Kate Bush". Parlons de vos rapports à cette artiste.

 

Akino Arai : Kate Bush est une énorme référence pour moi ! C'est mon étoile, mon modèle, mon inspiratrice (rires). Elle a créé un univers totalement libre, sans limite. C'est aussi une personne touchante et humble, j'aime beaucoup cette personnalité. Elle laisse échapper ce qu'elle est au fond d'elle dans ses chansons. Je partage la même vision des choses.

 

Van : Quelles sont vos projets pour cette année ?

 

Akino Arai : Tout d’abord donner le meilleur de moi-même pour mes concerts en France ! (rires).

 

Ensuite je débute une tournée à travers le Japon et pour la première fois je ferai un concert à Hong Kong, c’est un challenge pour moi !

 

Après cela je m'accorderai quelques jours de vacances (rires) et je prendrai du temps pour travailler sur des nouvelles compositions.

 

Je participerai également à la tournée de Yuko Ando et si cela est possible je ferai un concert avec mon groupe de musiciens à Tokyo pour la fin de l'année...

Olivier Van : Beaucoup de fans me demandent si vous pensez sortir un album de reprises de vos chansons en piano-voix qui s'intitulerait "Little Piano". Avez-vous prévu de sortir quelque chose cette année ?

 

Akino Arai : Concernant un album de reprise, oui c'est une bonne idée, je vais y penser ! (rires).

 

Pour le moment rien n'est encore décidé, car souvent, je ne suis informée d'une demande de chanson pour un single que 2 mois à l'avance. Mais je sortirai peut être quelque chose après l'été.

 

 Olivier Van : Merci infiniment Akino Arai d’avoir répondu à mes questions, c’est toujours un plaisir de discuter avec vous !

 

Akino Arai : Merci, j’ai passé un très bon moment. Merci de me soutenir depuis tant d’année ! C’est vraiment un immense cadeau pour moi ! Merci encore !

 

Je remercie une nouvelle fois Akino pour ses mots et pour m’avoir invité un peu partout où elle allait, des répétitions aux petits verres après le spectacle, je remercie également son staff très agréable et bien évidement Torpedo production pour leur amabilité !

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Photo des répétions

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